J’ai toujours eu plus de sympathie pour cette phrase que pour la fameuse « partez en vacances ! ». Je sais ça va en faire bondir certaines, c’est clivant, pourtant l’année dernière j’ai profondément compris pourquoi on disait ça. On va le dire clairement certaines périodes sont dures en essai bébé. Si tu traverses toi aussi cette attente, viens, je t’emmène avec moi.

Le chien, meilleur ami de la femme

L’idée de prendre un chien (un chat, une poule, un écureuil ou un raton laveur, vous avez compris) je la trouvais un peu bizarre, voire même carrément flippante. C’est comme dire à quelqu’un qui veut manger un gâteau de boire de l’eau, ça n’a aucun sens. Cependant, en 2025, il s’est passé un truc de fou qui m’a fait vraiment comprendre la raison de cette expression.

Mon parcours PMA et cette préservation qui n’annonçait aucun bébé

Un corps qui doute mais une tête qui tourne en boucle

Début 2024, on commence les démarches PMA. Assez vite, on m’oriente vers une préservation ovocytaire. Moi, je vis des mois compliqués. Un épisode plutôt étrange. On ne sait pas trop si j’ai vécu un arrêt de grossesse précoce ou un gros soucis gynéco. C’est dur, viscéralement je ressens un mal-être profond. C’est à la limite du supportable. Mes journées se résume à penser en boucle à un bébé. Mais la réalité est cruelle, la vie continue, le boulot, les collègues, la famille, la différence entre ce que je montre et ce que je vis me transperce. Je m’enfonce dans quelque chose que je ne suis plus vraiment en mesure de maîtriser.

La préservation ovocytaire : un répit mais pas une réponse

Les mois passent, j’enchaîne les examens préparatoires en me forçant à me dire « De toute façon, pour le moment, c’est tout pour la préservation. Aucun bébé n’est possible. »

La préservation m’apaise, un peu, elle vient rassurer en moi une angoisse de ne jamais devenir mère. Je me dis que désormais tous mes oeufs ne sont plus dans le même panier (je sais elle est facile celle-là). Mais la peur est une amie fidèle, elle est là, le manque aussi et les mois qui passent me ramènent cette petite chanson que je n’ai toujours pas mon bébé.

Mais la vie sait aussi faire de jolis cadeaux

La vie est arrivée au fonds de mon jardin sans qu’on l’appelle

La petite chatonne qui s’invite chez nous

Une semaine avant la ponction arrive dans notre jardin une chatonne, trop chou. Elle ronronne quand on la voit, rentre dans la maison comme si elle avait toujours vécue là et tape sa meilleure sieste sur notre canapé. Elle reste là, joue avec notre chat comme si elle le connaissait depuis toujours.

La chatte abandonnée et la confiance

Les semaines passent, elle copine avec une chatte qui vit dans le quartier. C’est une chatte battue, abandonnée et hyper peureuse de l’homme. Cette chatte, elle vit depuis plusieurs mois dans un recoin de notre jardin. Aucune approche possible à moins de 10 mètres. Je lui laisse une poignée de croquettes le matin en allant travailler, puis un petit panier que nos chats n’utilisent plus. La présence de notre chatonne lui fait du bien, elle prend confiance et de 10 on passe à 5 mètres.

Au fil des semaines, elle prend confiance et elle qui attendait notre chatonne au bout du jardin l’attend désormais sur notre terrasse. Elles deviennent inséparables. Nos 2 autres chats ne lui disent rien. Je passe des heures sur Pinterest et Youtube, à regarder des tutos pour lui construire un abri.

L’attente, encore….

Deux ventres qui s’arrondissent mais toujours pas le mien

L’hiver passe, elle ne se laisse toujours pas approcher mais accepte de rentrer chez nous, pour quelques heures la nuit seulement, près de la porte. Son ventre, lui, s’arrondit. Et un soir de printemps, elle n’est pas là….

Notre chatonne la cherche. Pars et ne revient pas dormir.

Elles réaparaissent 2 matins plus tard, notre chatonne d’abord puis la chatte quelques minutes plus tard. Elle est maigre, tient à peine debout. Et pour la première fois, elle se laisse approcher. Elle boit une gamelle entière, mange une gamelle. Pendant plusieurs semaines elle ne fait que des allers-retours. Toutes les 2h, le temps de manger. Puis les visites s’espacent mais durent plus longtemps.

Moi je suis déçue qu’elle n’est pas utilisé ma petite cabane, alors je l’améliore. Je me dis que peut-être elle nous fera confiance pour nous ramener ses chatons. Je me surprends à ne plus penser qu’à ça. Et je vois surtout que le ventre de la petite chatonne s’arrondit lui-aussi.

Je pleure quasiment tous les soirs, la rue dans laquelle nous vivons est très passante. Comment va t’elle les ramener ? Je la suis, plusieurs fois, mais je ne suis pas sa maîtresse, je la perd à chaque tentative de filature. Je finis par me faire une raison.

La nuit où tout bascule

Puis 6 semaines écoulaient et un soir, tard dans la soirée, un petit miaulement et des griffures sur la vitre. C’est la chatte ! Elles les ramènent 1 par 1. Il y en a 4. Je passe ma nuit à les regarder comme quand on regarde un nouveau-né dans son couffin.

Puis 10 jours après c’est notre chatonne qui mets bas. Ils sont 3. Et d’un coup nous passons de 3 à 11 chats dans la maison.

Ce que « prenez un chien » voulait vraiment dire

Ce n’est pas un bébé qu’on remplace, c’est un vide qu’on comble

L’histoire est encore longue mais elle m’a montrée une chose. Dans ces allers-retours, dans la vie qui se tramait, dans mes projets de construction, je n’ai quasi jamais pleuré parce que je n’avais pas de bébé.

Je me suis juste laissé porter par la vie que je voyais faire sous mes yeux. Bien sûr que nos peines sont légitimes quand bébé se fait désirer, mais voir toute cette vie, ces êtres graviter autour de moi, ça m’a fait du bien.

Je me suis rendue compte qu’au delà d’un bébé, qu’on désire plus que tout et qui ne vient pas, ce qui blesse c’est de n’avoir aucune vie à transmettre. Ce sentiment d’être vide, de ne porter aucun fruit, de porter un vide abyssal.

Le coup de talon au fond de la piscine

Alors d’un coup, toute cette vie m’a submergée, parfois beaucoup mais jamais trop. J’ai compris pourquoi « prenez un chien ».

Ce n’est pas le chien qui vous apportera un bébé mais l’élan de vie qu’il amènera avec lui. Les rires dans un foyer devenu peut-être trop silencieux certains soirs, c’est ça qui redonne de l’espoir.

Un animal, une activité, du bénévolat, des vacances, ça ne vous fera JAMAIS tomber enceinte. Par contre ça sera toujours la vie qui vous tend la main. Le coup de talon au fonds de la piscine pour reprendre confiance, parce que la vie est partout et vous méritez aussi qu’elle soit chez vous !